Dak’art 2018: Un nouveau succès pour l’art sénéglais

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Dak’art, encore appelée la Biennale de Dakar, est l’une des principales manifestations d’art contemporain à consacrer exclusivement sa sélection aux artistes vivant sur et en dehors du continent. Créée par le Sénégal en 1989, elle est la plus ancienne biennale de ce genre en Afrique. Sa première édition était d’abord dédiée à la littérature africaine, ce n’est qu’après qu’elle s’est consacrée uniquement à la promotion de l’art contemporain africain. Sa 13ème édition se déroule du 3 Mai au 2 Juin 2018.

Financée à 75% par l’Etat sénégalais, le président Macky Sall a porté cette année le concours du gouvernement à hauteur de 500 millions de francs CFA. Pionnière dans le genre la Dak’art n’a pas seulement acquis une notoriété internationale, elle a aussi inspiré d’autres évènements du genre comme la Biennale du Bénin.

Un art engagé…

Cette treizième édition est intitulée « Une Nouvelle Humanité » et fait référence à un texte d’Ibrahim Franz Fanon. Psychiatre et essayiste, il est l’un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste et a été très impliqué dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Dans son texte il définit l’homme décolonisé comme « un homme nouveau ». Le thème de cette année est « l’heure rouge » qui met à l’honneur un autre père fondateur de la négritude, aimé Césaire. Cette expression est extraite de sa pièce « Et les chiens se taisent » et fait référence à l’émancipation, la liberté et la responsabilité. Il s’agit d’une nouvelle ère, l’âge de raison, de la prise de conscience, du changement et de la transformation.

L’art africain  est de plus en plus prisé

Nous vous le disions dans notre article précédent l’art africain a le vent en poupe ! Il est de plus en plus prisé sur la scène internationale. Cette année soixante-quinze artistes venant de 33 pays font partie de l’exposition. Parmi eux, l’artiste ghanéen El Anatsui, pionnier de la sculpture africaine. Sa sculpture totalement en aluminium et en cuivre a d’ailleurs été vendue il y a quelques temps à 767.000 $.

On compte également le photographe sud-africain Andrew Tshanbangu. Spécialiste de la perspective et de la photo en noir et blanc.

L’artiste béninoise qui a grandi dans plusieurs pays africains remporte le prix Leopold Senghor de cette treizième édition avec son œuvre « Malaïka Dotou Sankofa ». Elle a déclaré vouloir mettre en scène un personnage imaginaire exprimant le combat que nous menons pour apporter de réels changements dans nos relations avec le reste du monde.

La grande innovation cette année est l’ouverture du Pavillon Sénégalais placé sous la tutelle de l’artiste plasticien Viyé Dibia. Il sera installé dans chaque commune de Dakar dans laquelle la population pourra venir découvrir et montrer leurs œuvres d’arts.

Le Sénégal est bien souvent avant-gardiste dans le domaine culturel. Le pays met un point d’honneur à promouvoir les artistes locaux et du continent. Lors de cette édition le Rwanda et la Tunisie sont mis à l’honneur pour leur créativité. Mais le pays des lions de la Teranga ne brille pas que dans le domaine artistique. Il est aussi une référence dans le domaine de la mode africaine où des projets remarquables voient le jour. Par exemple la sénégalaise Adama Ndiaye qui est la créatrice de la Fashion Week de Dakar. Son but était de donner une plateforme aux designers d’Afrique de l’Ouest afin qu’ils soient visibles en Afrique et par le monde entier.

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