Panafricanisme, un mouvement de plus en plus jeune !

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L’Afrique à travers sa population, constituée à 64% des moins de 25 ans selon les Nations Unies, représente une terre d’opportunités. Des opportunités que cette jeunesse saisit dans la mouvance du panafricanisme.

S’il y a quelques années l’on assistait à une migration des jeunes diplômés des pays africains vers l’occident pour s’y installer, la tendance a considérablement mutée avec le panafricanisme.  Des étudiants et diplômés africains de nos jours optent pour un repat, mouvement qui encourage le retour des expatriés dans leurs pays d’origine. A l’image des « éclaireurs » dans les tribus de chasseurs africains, ils vont en Europe, en Amérique, en Asie pour chercher la connaissance et revenir développer leurs pays. Les domaines visés par ces jeunes pousses sont variés.

Le secteur le plus attractif reste le hightech. Sur le continent des rencontres des acteurs de l’univers digital se créent pour contenter la jeunesse 2.0. Le « Africa Tech Summit » à Kigali, au Rwanda a réunis en 2018 plus de 250 acteurs africains des TIC. Durant 2 jours, ils ont présenté le savoir-faire de l’Afrique dans les nouvelles technologies. Ils ont également discuté pour échanger leurs expériences pour trouver des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent dans leurs activités.

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Séance de discussion de quelques figures inspirantes, Photogenix studio, 2018

Une jeunesse panafricaine qui veut aussi concurrencer les grands fabricants de téléphones sur le continent. La jeune guinéenne Fadima Diawara, à travers son smartphone adapté aux réalités africaines nommé « Kunfabo » envisage desservir toute l’Afrique. La particularité de ce téléphone réside dans ses applications qui sont 100% africaines. Des applications comme Whatsapp sont tout simplement remplacés par des équivalents africains comme Dikalo, une application de messagerie qui ne requiert pas de numéro de téléphone pour être inscrit dans le réseau des utilisateurs. Une initiative qui fédère les créateurs de ces applications et Fadima pour un partenariat gagnant-gagnant. Ce téléphone africain qui revient à 100 euros soit 65 500 F CFA répond aussi à la problématique du rapport qualité-prix.

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Fadima Diawara avec son Kunfabo, Afrikan shapers, avril 2019

Conscients des problèmes auxquelles font face les populations africaines, les innovations technologiques visent aussi le domaine médical. Le Camerounais Arthur Zang proposait en 2017 son cardiopad. Une tablette médicale qui permet d’émettre des diagnostics en enregistrant l’activité cardiaque d’un patient par des applications intégrées. Les résultats seront interprétés par un spécialiste à distance. Ceci résout le manque de cardiologue dans le pays en facilitant une consultation.

L’émergence et la performance de la jeunesse africaine s’impose sur les plus hautes sphères et de grandes entreprises s’y intéressent. Depuis Mai 2019 l’application de transfert d’argent Wari s’est allié à Whatsapp. Les utilisateurs  du réseau social pourront accéder aux services de l’entreprise crée en 2008 par le Sénégalais Kabirou Modje. « Nous poursuivons notre développement des services et des canaux de distribution, toujours dans le but de créer un standard pour interconnecter les personnes dans tous les pays et de faire de l’inclusion financière une réalité, construisant ainsi le monde de demain » déclarait Kabirou Modje dans un article sur le site de Wari  pour informer ses clients.

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Logo de Whatsapp et de Wari

Une nouvelle génération de jeune africain se crée une place au soleil en ayant en tête de valoriser la singularité africaine. De plus une recherche de partenariat avec leurs semblables permet de mettre sur pieds des pôles de qualité sur le continent. Des rencontres digitales sur le plan mondial comme le Salon Vivatech de France a connu cette année une forte participation des starts up et innovations technologiques africaines. Comme pour dire que l’Afrique va accomplir des merveilles.

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