Robert Mugabe, un président sans langue de bois !

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L’ancien président a été pour son pays un combattant qui a conduit à l’affranchissement du joug colonial et de la domination blanche sur les noirs.

 

Dès son enfance, Mugabe s’est cultivé pour être un leader. Son entourage le décrit comme un garçon calme et studieux. L’image qu’on retient de lui est celle d’un enfant qui allait faire paitre ses animaux, un livre à la main. Devenu adulte, il continue sa quête de connaissances en Afrique du Sud où il étudie l’anglais et l’histoire.

Il s’inscrit également à l’école de la politique car il croise le chemin des partisans de l’ANC. Le jeune homme s’imprègne de cet esprit des combattants du parti de Nelson Mandela, qu’il applique à son retour au Zimbabwe en 1960. Dès cette période, il s’implique définitivement en politique avec la création de son parti la ZANU (Union Nationale Africaine du Zimbabwe).

Il dénonce les abus du pouvoir blanc en place. En 1964, il est emprisonné pour ses prises de position. Mugabe passe 10 ans derrière les barreaux et n’en ressort qu’en 1974. Durant cette réclusion, il ne renonce pas à sa soif d’instruction. Il suit des cours de droit et d’économie par correspondance et obtient des diplômes dans les 2 disciplines. Un bagage intellectuel qui lui permet de connaitre les failles du régime.

Après sa libération, Mugabe se réfugie au Mozambique d’où il dirige la contestation. En 1979, le mouvement du changement piloté par lui obtient l’annulation de la constitution autoritariste du régime blanc adopté en 1961, avec les Accords de Lancaster House. Il se présente aux élections avec la ZANU et devient le premier ministre du pays. Appelé le « Camarade Bob », Robert Mugabe devient l’emblème de l’indépendance au Zimbabwe.

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Mugabe, un leader qui a donné les plus belles années de sa vie pour l’Afrique, Droits réservés

Robert Mugabe accède à la présidence du Zimbabwe en 1987. Il engage alors plusieurs chantiers pour développer le pays qui connait un retard, surtout dans la communauté noire. Des écoles, des centres de santé et de nouveaux logements sont construits durant les premières années de pouvoir de Robert Mugabe.

Sa politique de réconciliation, au nom de l’unité du pays, lui vaut des louanges générales. « Vous étiez mes ennemis hier, vous êtes maintenant mes amis », affirme-t-il aux meneurs de l’ancien régime ségrégationniste. Il offre des postes ministériels clés à des Blancs et autorise même leur chef, Ian Smith, à rester au pays.

En 2000, Mugabe entreprend une réforme agraire pour une meilleure répartition des terres. Il se met à dos la communauté internationale quand il demande à certains propriétaires blancs de rétrocéder des terres qu’il estime appartenir aux populations noires. Il est dès lors décrit par les médias internationaux comme un dictateur et un despote qui martyrise son peuple.

Le courage de tenir tête au monde pour les intérêts de l’Afrique

Malgré cette campagne occidentale de dénigrement, dans l’esprit de la plupart des Africains, Robert Mugabe incarne la résistance du continent face à la mondialisation annihilante.  Fervent défenseur des cultures africaines, son franc parler était aimé de tous. L’on peut prendre en exemple l’une de ses répliques aux Etats-Unis qui réclamaient la dépénalisation de l’homosexualité dans son pays.

Le dirigeant zimbabwéen sans langue de bois demande à Obama, président de l’époque, de lui-même devenir pratiquant de cette orientation sexuelle si elle est à promouvoir. Sur d’autres questions, Mugabe n’hésite pas à demander le respect de la souveraineté de son pays. Il demandera également au président américain de ne pas s’ingérer dans les affaires sociales de son pays étant donné que le sien n’est non plus un exemple en termes de traitement humain. Mugabe lui rappelle de plus que les Etats-Unis sont en retard par rapport au Zimbabwe sur des points comme la peine de mort qui n’existe plus dans la loi zimbabwéenne depuis belle lurette. Une attitude qui l’emmène à devenir le président en exercice de l’Union Africaine en 2015.

L’année 2017 annonce la chute de Mugabe quand il décide de limoger son vice-président Emmerson Mnangagwa. L’armée se retourne contre lui et le destitue. Le peuple dénonce ses pratiques oppressantes pour évincer ses concurrents politiques. Une année après Emmerson Mnangagwa devient président du Zimbabwe.

Le 6 septembre 2019, Robert Mugabe s’en est allé à Singapour, à l’âge de 95 ans. L’homme qui était déjà rongé par la maladie a rendu l’âme. Des personnalités jusqu’au citoyens ordinaires écrive sur les réseaux sociaux pour exprimer leur attristement à cause cette grande perte pour le continent.

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Le héros de la nation est une fierté pour son peuple, Droits réservés

Son pays lui réserve des obsèques officielles le samedi 14 septembre et il est élevé au grade de héros national. Durant 3 jours, sa dépouille est exposée dans un stade de football de la capitale Harare pour permettre à chaque Zimbabwéen de venir lui faire ses adieux. Chaque jour des centaines de personnes y défilent. Robert Mugabe restera un combattant de la liberté et un repère important pour l’histoire de son pays mais aussi de toute l’Afrique qui a toujours soif des Hommes de cette trempe pour la protéger.

 

 

 

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